MARQUETERIE DE PAILLE HISTOIRE ET TECHNIQUE
HISTORIQUE
LA MARQUETERIE
En ébénisterie, la marqueterie est un décor réalisé avec des placages découpés suivant un dessin et collés sur un meuble.
Pour les placages, on utilise des bois précieux, de la nacre, de l’ivoire, des métaux non
ferreux, de l’écaille de tortue ou du galuchat (peau traitée de requin ou de raie).
LA MARQUETERIE DE PAILLE
La marqueterie de paille est un art très semblable à celui de la marqueterie de bois, dans lequel la paille de seigle remplace le placage de bois.
Le luxe de cette technique réside dans l’apparente simplicité de ses matériaux
et sa beauté dans l’ambiance chaleureuse qu’elle produit.
La paille est fendue dans sa longueur et mise à plat.
Les bandes ainsi produites sont ensuite collées
sur le support en bois selon un dessin ou un motif.
Le vernis siliceux naturel qui recouvre la paille lui confère ses reflets et sa brillance.
Elle apparaît en même temps que la marqueterie de bois vers le XVIᵉ siècle,
connaît un essor au XVIIᵉ siècle pour atteindre son apogée au XVIIIᵉ.
Elle recouvre des bureaux, des commodes, des secrétaires et des boîtes à ouvrage,
avec des décors floraux, des oiseaux, des papillons ou des instruments de musique.
L’HÉRITAGE DE L'ART DÉCO
Le style Art déco prend naissance lors de l’Exposition internationale
des arts décoratifs organisée à Paris en 1925.
Il est totalement différent de l’exubérant style précédent, l’Art nouveau
de la « Belle Époque » (avant la Première Guerre mondiale).
Emblème des « Années folles » (1920 - 1930), c’est le style d’une élite raffinée
sachant apprécier les matériaux rares et précieux.
La société se mondialise, la radio, le téléphone, le train
et l’automobile facilitent les échanges.
Durant vingt ans, le décor des grands paquebots, qui relient l’Europe et l’Amérique,
en fait des ambassadeurs de l’Art déco, non seulement aux États-Unis, mais aussi auprès des passagers fortunés, parfois réticents devant les nouveautés.
La période Art déco voit le déploiement de la marqueterie de paille à une nouvelle échelle, Jean-Michel Frank et André Groult concevant des panneaux muraux
et des meubles entièrement recouverts de paille.
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LE RENOUVEAU AVEC LISON DE CAUNES
En quarante ans de travail, Lison de Caunes, diplômée en reliure, dorure et ébénisterie, renouvelle l’intérêt pour cet artisanat spécifiquement français, à la mode
durant la période Art déco, mais tombé dans l'oubli par la suite.
Elle redéfinit la technique transmise par André Groult, son grand-père,
et découvre en Bourgogne un céréalier capable de lui fournir une paille adaptée.
LA PAILLE DE SEIGLE
Ce producteur de paille de seigle est monsieur Jean-Luc Rodot
dont l’exploitation se situe dans le département français de Saône-et-Loire.
Écoutons-le nous expliquer comment il obtient un produit d’une qualité irréprochable :
« Tous les éléments sont importants : la terre doit être sablonneuse, les graines soigneusement sélectionnées, le soleil présent pour faire pousser, blanchir et
sécher la paille, la pluie régulière et fine… Mais le plus important reste le travail ».
Le respect des méthodes ancestrales, l’absence de traitements chimiques, la maîtrise
des techniques et l’obsession de la perfection expliquent la qualité de sa production.
LES DIFFÉRENTES ÉTAPES
- Après semis et croissance, la récolte se fait fin mai quand la paille atteint une taille de deux mètres.
- La paille coupée reste dans le champ pour sécher et blanchir (photo 1).
- Ensuite, elle est triée à la main, nettoyée, coupée et mise en ballots (photo 2).
- Suit l’étape importante de la teinture (cinquante références de couleurs différentes).
- Les ballots sont disposés dans des contenants (photo 3), plongés dans une cuve renfermant le colorant dilué avec de l’eau chauffée à haute température (photo 4).
- Les ballots subissent ensuite l'égouttage (photo 5).
- Puis les pailles, posées sur des clayettes, séjournent dans un séchoir (photo 6).
- Enfin, elles sont conditionnées pour l’expédition.
TECHNIQUE
La première étape consiste à dessiner, en taille réelle, une maquette très précise
de la marqueterie que l’on veut réaliser.
Il convient alors de choisir les différentes couleurs utilisées.
La maquette est reproduite sur le support (ici du papier).
La paille est ouverte, aplatie et collée, brin par brin, sur le support.
Ce travail, long et méticuleux, est la clef d’un beau rendu.
